La question du dosage du CBD et de sa biodisponibilité a longtemps animé les discussions entre utilisateurs et professionnels du chanvre. Depuis l'entrée en vigueur du plan de contrôle de la DGAL le 15 mai 2026, qui applique strictement le règlement européen Novel Food, le cadre français a profondément changé. France Cannabidiol ne diffuse plus de recommandation de dosage pour les produits CBD destinés à l'ingestion. Cette page fait le point sur la position scientifique et réglementaire actuelle.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est l'organisme chargé d'évaluer la sécurité des nouveaux aliments à l'échelle de l'Union européenne. En 2022, l'EFSA a rendu un avis indiquant qu'elle ne pouvait pas, en l'état des données disponibles, conclure à la sécurité du CBD comme nouvel aliment. Plusieurs effets observés dans des études toxicologiques restent à clarifier : effets sur le foie, le système reproducteur, le système gastro-intestinal et le système endocrinien.
En février 2026, l'EFSA a fixé une dose provisoire de sécurité (Acceptable Daily Intake, ADI) de 0,0275 mg de CBD par kilo de poids corporel et par jour. Pour un adulte de 70 kg, cela représente environ 2 mg par jour. Cette valeur est largement contestée par les acteurs du secteur, qui considèrent qu'elle ne reflète pas l'historique de consommation traditionnelle du chanvre en Europe et qu'elle s'appuie sur des extrapolations à partir d'études menées sur l'Epidyolex (médicament à base de CBD utilisé à très haute dose dans le traitement de certaines épilepsies pédiatriques rares).
Le règlement (UE) 2015/2283 dit "Novel Food" impose qu'un ingrédient sans historique de consommation humaine significative avant le 15 mai 1997 obtienne une autorisation européenne avant d'être commercialisé dans une denrée alimentaire. À ce jour, aucune autorisation Novel Food n'a été délivrée pour le CBD : les dossiers déposés depuis 2019 sont en attente de réévaluation par l'EFSA.
En conséquence, depuis le 15 mai 2026, la DGAL considère que tout produit présenté à la vente comme une denrée alimentaire contenant du CBD est non conforme et doit être retiré du marché. Cette lecture stricte est appliquée par la DGCCRF lors des contrôles en boutique, en pharmacie et sur les sites e-commerce. Aucune dose journalière n'est officiellement recommandée en France pour les produits CBD ingérables, et notre site ne diffuse plus de tableau de dosage par poids ni de calcul de gouttes journalières.
La biodisponibilité est un concept pharmacocinétique qui désigne la fraction d'une substance qui atteint la circulation sanguine systémique après son administration. C'est une notion scientifique générale, utilisée pour tous les composés bioactifs (vitamines, médicaments, polyphénols, etc.), et qui dépend principalement de la voie d'administration et de la formulation.
Pour le cannabidiol, plusieurs études pharmacocinétiques publiées dans la littérature scientifique internationale ont estimé les ordres de grandeur suivants, selon la voie d'administration :
| Voie d'administration | Biodisponibilité estimée | Statut réglementaire en France (2026) |
|---|---|---|
| Inhalation (vaporisation) | 30 à 50 % | Autorisée, relève du cadre tabac/vape (directive 2014/40/UE) pour les e-liquides ; fleurs et résines autorisées à la vente |
| Sublinguale | 20 à 35 % | Visée par le plan de contrôle Novel Food si présentation alimentaire |
| Orale (digestion) | 6 à 15 % | Visée par le plan de contrôle Novel Food |
| Topique (cutanée) | Locale, variable | Autorisée, règlement cosmétique CE 1223/2009 |
Ces chiffres sont des moyennes issues d'études scientifiques (Millar et al., 2018 ; Lucas et al., 2018). Ils sont mentionnés ici à titre informatif et n'impliquent aucune recommandation d'usage. En France, en l'absence d'autorisation Novel Food, le CBD n'est plus présenté comme un ingrédient alimentaire et la notion de "dose efficace" n'est plus diffusée par notre site.
L'inhalation offre la biodisponibilité la plus élevée car la surface d'échange pulmonaire est très étendue et le composé passe directement dans la circulation sans étape métabolique préalable. La voie orale présente la biodisponibilité la plus basse car le CBD est partiellement métabolisé par le foie après absorption intestinale. La voie topique (cutanée) ne produit pas d'effet systémique mesurable et est utilisée pour ses propriétés locales.
La position française tranche avec celle de plusieurs pays voisins, où les produits CBD destinés à l'ingestion restent autorisés à la vente sous des cadres réglementaires différents.
Depuis le Brexit, le Royaume-Uni applique son propre cadre Novel Food via la Food Standards Agency (FSA). La FSA publie une liste publique de produits CBD autorisés à la vente, dont les dossiers d'autorisation sont en cours d'évaluation. La FSA a recommandé une dose journalière maximale de 10 mg de CBD par jour pour un adulte (révision en cours). Les huiles, gélules et compléments alimentaires CBD figurant sur la liste FSA sont commercialisés légalement.
Aux Pays-Bas, les produits CBD destinés à l'ingestion sont tolérés à la vente dans le cadre d'une politique historique d'ouverture vis-à-vis du chanvre. La NVWA (autorité néerlandaise de sécurité alimentaire) cible ses contrôles sur les allégations de santé et la teneur en THC, et ne procède pas à un retrait systématique des huiles ou compléments CBD du marché.
Cette hétérogénéité européenne crée une distorsion de concurrence au détriment des opérateurs français, et constitue l'un des points soulevés dans les recours déposés par la filière française devant le Conseil d'État.
Les principaux syndicats professionnels du chanvre français, notamment l'UPCBD (Union Professionnelle CBD) et le SPC (Syndicat Professionnel du Chanvre), ont déposé un recours auprès du Conseil d'État contre le plan DGAL 2026. Leurs principales demandes :
L'issue de ce recours, ainsi que l'évolution du dossier européen, déterminera dans les mois à venir si la France maintient sa lecture stricte ou se rapproche de ses voisins.
Nous n'avons jamais commercialisé le moindre cannabinoïde de synthèse, et plus de gummies ni de bonbons à notre catalogue depuis le plan DGAL du 15 mai 2026. Notre catalogue repose depuis l'origine sur du chanvre 100 % naturel, traçable et analysé. Nos macérats huileux restent disponibles, désormais positionnés en usage non alimentaire, sans aucune recommandation de dosage ni d'ingestion. Pour les usages autorisés sans restriction, nous orientons notre offre vers les fleurs, les résines, les e-liquides et les cosmétiques au CBD.
Non. Depuis le 15 mai 2026, en l'absence d'autorisation Novel Food au niveau européen, la France ne reconnaît pas le CBD comme ingrédient alimentaire et n'établit donc aucune dose journalière officielle pour les produits ingérables. L'EFSA a publié une dose provisoire de 0,0275 mg/kg/j en février 2026, valeur contestée par la filière et faisant l'objet d'un recours.
Parce que la diffusion d'une recommandation de dosage par poids présuppose un usage par ingestion, désormais non autorisé en France pour les produits CBD en l'absence d'autorisation Novel Food. Notre site ne diffuse plus ce type de contenu pour rester en conformité avec le plan de contrôle DGAL du 15 mai 2026.
La biodisponibilité est une notion pharmacocinétique : c'est la fraction d'une substance qui atteint la circulation sanguine systémique après son administration. Elle dépend de la voie d'administration (inhalée, orale, cutanée, etc.) et de la formulation. Pour le CBD, les ordres de grandeur observés dans la littérature scientifique sont indiqués dans le tableau ci-dessus.
Oui. Plusieurs scénarios sont possibles : décision du Conseil d'État sur les recours déposés par la filière, autorisation Novel Food au niveau européen (sous condition de finalisation des données toxicologiques par l'EFSA), ou révision du plan de contrôle DGAL. France Cannabidiol suit de près l'évolution de ces dossiers et adaptera son catalogue en conséquence.